Par Le National
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La pédophilie, plus grave expression du mal selon le pape

CITE DU VATICAN (Reuters) - S'exprimant pour la première fois au sujet de la vague de scandales pédophiles qui frappe l'Eglise catholique, le pape Jean Paul II s'est dit profondément blessé par ce qu'il a qualifié de "forme la plus grave de l'expression du mal".

Dans sa lettre annuelle aux prêtres, le souverain pontife souligne que l'Eglise catholique souhaite manifester sa préoccupation auprès des victimes et indique qu'elle s'attachera à répondre à chacune de ces situations douloureuses avec un souci de vérité et de justice.

De source proche du Vatican, on précise que la question, à laquelle le pape fait référence dans l'un des paragraphes du document de 22 pages sans mentionner le terme de pédophilie, a été abordée en réponse à des demandes l'invitant à s'exprimer sur les scandales qui ternissent l'image de l'Eglise, aux Etats-Unis notamment, où le clergé catholique est accusé d'avoir sciemment dissimulé des affaires.

"A ce jour également, les prêtres sont personnellement et profondément affectés par le péché de certains de leurs frères qui ont trahi la grâce de l'ordination en succombant à la forme la plus grave du mystère du mal à l'oeuvre à travers le monde", déclare le pape, estimant que ces scandales ont jeté une ombre de suspicion sur d'autres prêtres innocents.

Les prêtres doivent surmonter les faiblesses humaines en s'engageant davantage dans leur quête de sainteté, ajoute-t-il.

Plutôt que de répondre spécifiquement aux huit questions sur le sujet qui lui étaient soumises lors d'une conférence de presse au Vatican, le cardinal Dario Castrillon Hoyos, responsable de la Congrégation pour le clergé, s'est contenté de lire un communiqué de deux pages.

"LE PRODUIT DE LA CULTURE MODERNE"

Selon ce document, les abus sexuels sont le produit de la culture moderne, marquée par un libération sexuelle à laquelle les prêtres n'échappent pas. Le cardinal a réfuté les négligences dont l'Eglise a été taxée et a rappelé chacune des déclarations du pape au sujet des actes pédophiles au sein du clergé.

Castrillon s'est en outre refusé à tout commentaire au sujet des affaires qui défraient la chronique aux Etats-Unis.

Le clergé américain est notamment accusé d'avoir fermé les yeux sur le passé trouble du père John Geoghan, un prêtre de 66 ans aujourd'hui défroqué, jugé en janvier pour des abus sexuels commis dans les années 80-90.

Aujourd'hui, pas moins de 200 plaintes ont été déposées contre Goeghan, qui fut déplacé de paroisses en paroisses pour éviter l'émergence du scandale, et contre d'autres prêtres de l'archidiocèse de Boston. L'affaire a pris une ampleur telle que George W. Bush lui-même a été amené à intervenir.

Mercredi, le président américain s'est dit convaincu que l'Eglise saurait trouver les moyens "de mettre de l'ordre dans ses affaires".

De nombreuses voix se sont élevées pour réclamer la révocation des cardinaux impliqués dans le scandale et pour demander l'ouverture d'une enquête interne.

Ces derniers ont le soutien du pape, a indiqué Castrillon, ajoutant qu'ils avaient entamé un examen approfondi de leur gestion de la crise.

Le Vatican s'est pour sa part lancé dans l'élaboration d'un document censé permettre l'identification des profils psychologiques à risques et de leur barrer la route de l'ordination.

Le privilége de réplique